Sport

La suisse française

today23 février 2025

Arrière-plan
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L’équipe de France est clairement à domicile, sur le site de la Roland Arena. Un nouveau titre mondial et une nouvelle médaille d’argent, l’équipe de France est d’ores et déjà sûr de finir en tête du classement des médailles, à l’aube de la dernière journée de compétition.

Le rêve bleue 

La course a dû être ennuyante pour les autres nations. Les Françaises ont tout simplement étrillé leurs adversaires. Dès le départ, Lou Jeanmonnot a mis les choses au clair. Les Françaises étaient là pour remporter le relais féminin, après lequel elles courent depuis le début de saison. Un premier tour où la Française se décroche naturellement, pas dans les plans dès le départ “ J’ai du adapter mon plan, je pensais attaquer dans le deuxième tour(…) dès la première petite pente descendante, j’ai senti que j’avais des très bon skis et que c’était plus rentable d’attaquer dès maintenant.”

Que Lou Jeanmonnot réalise un relais parfait, ce n’est pas vraiment étonnant. Considérée par beaucoup comme la meilleure première relayeuse du circuit, la France a été mise sur orbite par la Franc-Comtoise. Les interrogations venaient par la suite. Océane Michelon, rookie de ces championnats du monde devait assumer le rôle de seconde relayeuse dans l’équipe ultra favorite de cette compétition. Une seule petite pioche et un deuxième temps de ski, derrière l’ancienne fondeuse Lampic, lui ont permis d’accroître l’avance qu’avait créée Lou. Pour finir ce relais, il restait deux championnes du monde, Justine Braizaz Bouchet et Julia Simon. La première citée se sentait très tendue avant la course “ J’étais super stressée (rires), j’ai loupé deux balles, c’était à cause de la pression.” Malgré ses 3 pioches, “Juju” a quand même continuée d’augmenter l’avance, avec un temps de ski canon. Ce qui est encourageant pour la Mass Start de ce dimanche.

Pour terminer, Julia Simon avait “juste” à finir le boulot. Ce n’est pas un rôle facile, beaucoup de biathlètes préfèrent être avec “seulement” une balle d’avance plutôt qu’un matelas trop confortable. La native d’Albertville a réussi le tir parfait, en se permettant même de célébrer à la sortie du tir debout. Une petite frayeur dans le dernier tour, avec une barrière de supporter qui s’effondre juste devant elle, n’ont pas empêché la Savoyarde de célébrer avec tous les membres de l’équipe de France présents au bord de la piste. 

Lors du podium, c’est Océane Michelon qui a fait le show. Super heureuse de sa première médaille lors d’un championnat du monde, elle avait un défi à réaliser “Je devais faire le Moonwalk devant la photo d’une autre équipe, ça fait vraiment plaisir.” Les Françaises ont remporté toutes les médailles d’or possible, hormis sur la poursuite ou Franziska Preuss s’est imposé ce qui confirme bien la domination sans partage de la part de la Team France. 

L’argent, presque frustrant

La déception ne fait pas partie du vocabulaire des Français à l’arrivée de ce relais masculin. Si oralement celle-ci n’est pas présente, dans l’état d’esprit elle l’est forcément. Les bleus sont tombés sur plus fort qu’eux, les norvégiens. A l’issue d’un relais mené quasiment de bout en bout, avec seulement 4 pioches, l’écart était trop important. 

L’attraction Française se situe dans le premier relayeur, Emilien Claude. Pour sa première course dans un championnat du monde, il se devait de lancer parfaitement la course tricolore. Le travail a été fait, avec une pression modérée pour le Vosgien “ J’étais dans ma course, c’ était un peu spécial d’apprendre ça, même si je suis vraiment content de la manière dont je suis resté sérieux sur ces championnats du monde, je me suis entraîné chaque course comme si j’allais les courir même si j’avais peu de chances.”

L’histoire est encore plus belle, le petit frère Emilien passe le relais à son grand frère, le cadet de la famille Claude. Fabien exprime ses émotions à ce moment-là “c’était incroyable, j’ai eu les frissons au moment du passage de relais donc c’est vraiment pas habituel (rires).” Lui aussi a réussi une bonne course, malgré un dernier tour très compliqué sur les skis. L’écart avec la Norvège était déjà de plus de 40 secondes et cette course commençait déjà à avoir des allures de mission impossible. 

Le relais a été donné à Eric Perrot, récent champion du monde de l’individuel. Les espoirs français reposaient uniquement sur lui. Il devait ramener les tricolores au moins dans les mêmes temps que Sturla Holme Lagreid , pour avoir comme climax de cette course, un duel Johannes Thinges Boe face au Quentin FIllon Maillet. Fatigué, il n’a jamais réussi à prendre du temps au Norvégiens, il s’explique en conférence de presse “ il y a un petit peu de fatigue aujourd’hui sur les skis, la course reste quand même correcte.”

Pour “QFM” l’histoire était déjà écrite. Il fallait juste éviter toutes erreurs qui auraient pu permettre un rapproché de l’Allemagne, et effectuer une récupération active dans le dernier tour, après l’enchaînement intense de l’individuel, relais mixte et donc relais masculin. Après avoir été invaincu toute la saison, les Français n’ont pas gagné mais ont réalisé une course correcte. Les “Norge” étaient juste meilleurs. 

La France a encore une fois récupéré deux médailles, il reste deux courses pour essayer de continuer la série de voir un Français sur un podium lors de chaque course.

Écrit par: Elliot BENIT