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Julia Six-Monts

today19 février 2025

Arrière-plan
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Julia Simon a déjoué tous les pronostics hier et est devenue une nouvelle fois championne du monde. Elle est allée chercher une sixième médaille individuelle en championnat du monde.

Julia au-dessus

Au vu de son émotion sur le podium, gorge nouée, impossible pour elle de chanter La Marseillaise : cette médaille est beaucoup plus significative que les cinq autres qu’elle a pu obtenir depuis le début de sa carrière. A la sortie de la poursuite, elle était pourtant fataliste (12ème, 14/20) : « Ces débuts de Mondiaux sont à l’image de ma saison, ce n’est pas une catastrophe, il y a beaucoup de monde qui aimerait faire 7 et 12, mais c’est loin de mes ambitions, de ce que j’espère. »

La Savoyarde revient de loin. Un début de saison compliqué, où la concurrence est rude, notamment avec ses compatriotes. Aucune victoire, trois podiums : pour les standards de Julia, ce n’est vraiment pas assez. Elle explique ses larmes sur le podium : « C’était prenant parce que, finalement, le début de saison était compliqué, la semaine dernière ce n’était pas facile. »

Julia était à une balle de réaliser la course parfaite. Déterminée dès son premier tir, sur l’effort long (15 km) qu’est l’individuel, elle devait être parfaite, ou quasiment, derrière la carabine. Troisième temps de ski, troisième temps de tir, la native d’Albertville a montré l’exemple parfait de comment remporter une course de biathlon. Longtemps inquiétée par Franziska Preuss (9ème, 18/20), la Savoyarde remporte le titre avec une erreur. Elle explique son état d’esprit après cette erreur : « Je me sentais plutôt bien, donc je me suis dit : ‘Peut-être que le titre m’échappe, mais le podium peut encore être envisageable s’il y avait des erreurs derrière.’ Et finalement, on avait de très bons skis, le staff a fait un travail de malade. »

La collection continue

Lou Jeanmonnot, ironiquement, avant le départ de l’individuel, avait mis sur Instagram : « Lenzi à la casserole. » Un message subliminal qui évoque que Lou en a marre des places d’honneur. Présente à chaque cérémonie des fleurs depuis le début des Mondiaux, elle courait après sa première médaille individuelle en championnat du monde. Cette fois, elle accepte volontiers d’avoir « Lenzi » (peluche distribuée lors de la cérémonie des fleurs). Un 19/20 avec le deuxième temps de ski ont permis à la Française de monter sur le podium. Très proche de décrocher la médaille d’argent, elle échoue à deux secondes de la Suédoise Halvarsson, qui réalise la plus grande performance de sa carrière. La satisfaction est présente après la course pour la Franc-Comtoise : « Soulagée, parce que j’ai couru après sur le sprint et la poursuite, encore une fois aujourd’hui à peu de choses près, donc on dit merci les skis (…) Je suis très contente de m’être accrochée sur les trois tirs suivants. »

Sur son premier tir, Lou manque une cible, ce qui nous a forcément fait penser à ses débuts de Mondiaux : bons sur le papier, mais sans médaille. Elle a réussi à effacer ce tir et se concentrer sur le reste de la course sans y repenser, ce qu’elle n’avait pas réussi à faire sur le sprint : « Je me suis vraiment dit que 15 km, c’était vraiment long pour les saccager (rires). Donc tant qu’il y avait de l’espoir, c’était hors de question de tout balancer dehors. Quitte à passer 50 minutes sur la piste, autant que ce soit efficace (rires). »

Une médaille qui en appelle d’autres, maintenant que la Française est libérée de cette pression. Elle aura à cœur de réaliser un gros relais féminin pour garder le titre : « Sur le relais féminin, c’est l’objectif, parce qu’on court après depuis le début de la saison, et le titre, il est à la maison, donc on aimerait bien le garder. »

Des erreurs derrière la carabine pour le reste

Justine Braisaz-Bouchet, Océane Michelon et Jeanne Richard ont réalisé trop de fautes pour pouvoir espérer quelque chose sur cette course. Longtemps dans le match, Justine a totalement loupé son deuxième tir couché avec deux erreurs qui l’ont sortie du match pour le titre. Avec un tir debout à 5/5, le podium aurait pu être jouable. La Savoyarde n’a pas réussi à faire le plein et termine donc 9ème. Le point positif à tirer de cette course est son temps de ski : premier temps de ski avec quasiment 25 secondes d’avance sur sa compatriote Lou Jeanmonnot. C’est tout de même une course frustrante.

Pour Océane Michelon, les courses se suivent et se ressemblent. L’apprentissage d’une compétition à enjeux, un an avant les Jeux Olympiques, est important. Un huitième temps de ski et un bon temps de tir lui permettent de limiter la casse (18ème 17/20). Ces championnats du monde sont donc une découverte, avec encore la possibilité d’une médaille, notamment sur le relais féminin.

Pour Jeanne Richard, sur une épreuve qui aurait dû lui convenir, c’est encore un résultat en dessous de ses standards. Trois fautes et un temps de ski qui ne lui permet pas de reprendre du temps sur la piste la classent 23ème.

C’est donc une belle course pour l’équipe de France, qui place deux filles sur le podium, encourageant pour la suite des championnats du monde.

Écrit par: Elliot BENIT