Sport

Le scotch français

today21 mars 2025

Arrière-plan
share close

Les Français n’ont pas réussi une course à la hauteur de leur saison. Ils ont malgré tout remporté le gros globe de la nation, pour la première fois de l’histoire.

Emilien Jacquelin, 20 minutes avant le début de l’épreuve, s’arrête à notre niveau, se retournant vers la tribune remplie de Français : “C’est mieux qu’au Grand-Bo ici.” Les Français se sont déplacés en nombre pour encourager les hommes de Simon Fourcade. Quentin Fillon Maillet s’en amuse même en chauffant le public, qui n’attendait que ça pour exulter.

Un problème d’équipe

Dès le premier Bleu lancé, on se dit qu’il y a un problème. Oscar Lombardot, pas le plus grand des cadors de cette équipe, apparaît en difficulté lors des premiers intermédiaires, loin de l’Allemand David Zobel, peu connu pour sa grande forme sur les skis. À la fin de cette course, le natif de Pontarlier s’explique : “Je suis malade depuis la fin de Pokljuka, donc je me suis pas senti bien du tout (rires). C’est frustrant parce qu’arriver à bien tirer, y’avait une belle forme qui revenait. Ça m’a complètement coupé.” Une 55ᵉ place à 2 min 55 permettra à Oscar d’être présent sur la poursuite de demain, mais très loin.

Lui ne sera pas de la partie. Auteur de sa pire course de la saison, Emilien Jacquelin termine cette course 63ᵉ avec un horrible 5/10. Il arrive à avoir une analyse réaliste et encourageante de sa course, tout en expliquant ses 4 erreurs sur le tir debout : “Il n’y a pas tout à jeter, la forme est là. Malheureusement, je me connais, là c’est 1/5, mais demain ça peut être 5/5. C’est ça, la cruauté et la beauté de ce sport.”

Ce 5/5 sur le tir, Antonin Guigonnat a réussi à aller le chercher deux fois. Depuis son retour lors de la mass start de Pokljuka, le Haut Savoyard n’a pas manqué une seule balle. Son temps de ski (64ᵉ à 2 min 04 de Johannes Boe) ne lui a pas permis de réussir un résultat à la hauteur de ses espérances. Il évoque ce problème sur les planches : “Le sentiment qui prédomine, c’est la claque dans la gueule que je prends en ski, franchement (…) Je me fais plaisir sur la piste, c’est aberrant de dire ça en étant 64ᵉ temps de ski.”

La lumière dans le noir

Le meilleur Français aujourd’hui, c’était l’un des leaders, Quentin Fillon Maillet, qui termine 7ᵉ avec le 5ᵉ temps de ski. Encore une fois, le souci de QFM se passe sur le tir couché, son némésis depuis le début de la saison : “Une course à l’image de ma saison, avec un tir couché difficile, et le reste de la course qui était plutôt bien. Sur l’anneau de pénalité, je me dis ‘quel sport à la con, des fois’ (rires).”

La deuxième satisfaction côté tricolore, c’est la très belle course d’Emilien Claude, le cadet de la fratrie. Un 10/10 lui octroie la 9ᵉ place, avec également des soucis de glisse l’empêchant de se rapprocher des Norvégiens, trop au-dessus.

Des questions sans réponses

Eric Perrot et Fabien Claude font des courses frustrantes, gênés par l’ordre des dossards. Les conditions étant très chaudes, la qualité de la neige évolue forcément dans le mauvais sens. L’IBU, ayant décidé, afin de garder de l’attractivité tout au long de la course, de faire partir les leaders plus tard, ils se sont retrouvés piégés dans des conditions difficiles.

Eric s’exprime en premier sur ce choix de la part de l’organisation : “J’ai pas mal de frustration aujourd’hui envers le jury. Ce n’est que mon analyse d’athlète, je respecte la décision, mais ça fait 2-3 jours que la neige se dégrade très clairement (…) Je ne comprends juste pas comment c’est possible de pas changer les groupes.”

Fabien Claude est lui aussi déçu de ce choix du jury, lui qui occupait le plus haut dossard de la “red list” : “J’avais le dernier dossard du groupe rouge, donc j’ai subi ce non-changement de groupe. Voilà, je pense que c’est la limite du nouveau système. Ils n’ont pas voulu l’inverser trois fois de suite. Il y aura à discuter au printemps, je pense.”

Une course pas au niveau de la part de la team France, qui aura à cœur de gâcher la fête des frères Boe, demain sur la poursuite et dimanche sur la mass start.

Écrit par: Elliot BENIT