Les biathlètes du circuit mondial ont fini le bloc de janvier, qui est selon eux le plus fatigant, et ont désormais quinze jours de repos avant de s’envoler pour la Suisse où se dérouleront les championnats du monde.
« C’est bien qu’il y ait une pause de la coupe du monde, vous ne perdez pas de point. » Pour la leader du classement général, Franziska Preuss, la pause grâce aux mondiaux sera bénéfique et va permettre de se concentrer totalement sur la course et de ne pas avoir à faire de calculs.
Le site d’Antholz-Anterselva est l’un des plus difficiles de la saison, déjà de par sa programmation en fin de 3ᵉ semaine, mais également au niveau de l’altitude. « En général, après Antholz, on est bien lessivés », nous explique Eric Perrot à la suite de sa 7ᵉ place sur la poursuite.
Les corps, mais également les esprits, sont fatigués, comme on a pu le voir avec Justine Braisaz-Bouchet qui, à la sortie de son sprint, était très déçue et a décidé d’arrêter son week-end à la sortie de la poursuite, le samedi après-midi, et de faire l’impasse sur le relais. Chez les hommes, c’est Emilien Jacquelin et Fabien Claude qu’on a réellement sentis émoussés. Le premier cité ne s’est même pas arrêté en conférence de presse à la suite de sa poursuite que l’on peut qualifier de ratée (17ᵉ, 16/20 au tir).
Le programme de préparation en vue de ces championnats va être assez similaire pour les biathlètes français, même si certains vont reprendre l’entraînement plus tôt que d’autres. Quentin Fillon Maillet, en grande forme et nommé « homme des grands rendez-vous » par le futur retraité Tarjei Boe, ne va pas s’accorder énormément de repos : « Repos lundi et mardi, on reprend un peu l’entraînement… et quelques entraînements intensifs, dont la coupe de France, ce samedi. » Pour Antonin Guigonnat, le retour en coupe du monde se fera au mieux sur la dernière étape de la saison, en Norvège, à Oslo : « Je pars en congé paternité, c’est prévu pour le début du mois de mars, donc j’espère revenir avant la fin de la saison de coupe du monde à Oslo. » Le Français, qui est en légère crise de performance depuis le début de saison, a d’ores et déjà compris que la place de réserviste pour ces mondiaux sera attribuée à Emilien Claude, auteur de son premier podium en coupe du monde durant ce mois de janvier.
Côté masculin, Simon Fourcade ne devrait pas avoir trop de difficultés pour l’établir : « Quand on regarde, les résultats parlent d’eux-mêmes, forcément il y a quelques questions qui peuvent se poser sur l’individuel, mais on verra l’état de forme en temps voulu. » L’équipe devrait être composée de Quentin Fillon Maillet, Eric Perrot, Emilien Jacquelin et Fabien Claude. Emilien Claude, lui, sera là en cas de défaillance ou de maladie de la part d’un des titulaires.
Le vrai problème pourrait se poser côté féminin. La densité est telle que cinq filles se détachent pour quatre places sur les championnats du monde. Interrogé à ce sujet, l’entraîneur Cyril Burdet prône la patience et avisera sur le moment : « On fera nos choix là-bas sur place. On a la chance d’avoir plusieurs filles compétitives, très compétitives… On verra en fonction de l’état de forme sur le moment, mais je sais que je pourrai compter sur chacune des filles sélectionnées là-bas. » Lou Jeanmonnot, Julia Simon et Jeanne Richard devraient faire partie de l’aventure de ces championnats du monde. Le questionnement viendra donc ensuite entre Océane Michelon, très performante sur ce mois de janvier, et Justine Braisaz-Bouchet, cadre de cette équipe mais moins en forme que ses coéquipières. Paula Botet, elle, ne devrait pas faire partie de l’aventure des championnats du monde.
Les Français vont devoir confirmer leur bon début de saison avec des résultats sur les mondiaux, où les filles seront attendues en favorites sur les épreuves individuelles et les hommes veulent aller chercher la « manita » après avoir remporté les quatre premiers relais depuis le début de la saison.