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today18 septembre 2026
New York et Spider-Man sont indissociables. Lorsque l’on célèbre les 25 ans des tragiques attentats du 11 septembre 2001, il est impossible de ne pas évoquer l’impact de ce traumatisme sur la culture américaine, et plus particulièrement sur le tout premier film Spider-Man réalisé par Sam Raimi. Sorti en 2002, le blockbuster était en pleine phase de promotion lorsque les tours jumelles ont été attaquées. Ce que beaucoup ignorent ou ont oublié, c’est que le film contenait initialement des références très directes au World Trade Center, et que la tragédie a poussé les créateurs à modifier l’œuvre pour en faire un véritable hommage à la force des New-Yorkais. Voici, référence par référence, comment le 11 septembre a façonné le Tisseur au cinéma.
C’est sans doute l’anecdote la plus fascinante et la plus glaçante de cette époque. À l’été 2001, Sony Pictures diffuse un premier teaser spectaculaire dans les cinémas. On y voit des braqueurs de banque s’échapper à bord d’un hélicoptère, avant que celui-ci ne soit soudainement stoppé en plein vol, pris au piège dans une gigantesque toile d’araignée… tissée exactement entre les deux tours du World Trade Center. Le 12 septembre 2001, au lendemain des attaques, Sony ordonne le retrait immédiat de cette bande-annonce dans tous les cinémas du monde. Dans la foulée, le studio rappelle également la première affiche officielle du film. La raison ? En y regardant de près, on pouvait voir les tours jumelles se refléter dans les lentilles des yeux du masque de Spider-Man. Ces documents promotionnels sont devenus de véritables reliques de l’avant-11 septembre.
Si Sony a effacé les tours de sa promotion, Sam Raimi a tenu à intégrer l’esprit post-11 septembre dans le film lui-même. Lors du combat final sur le pont de Queensboro entre Spider-Man et le Bouffon Vert, le héros se retrouve en difficulté. Soudain, des passants new-yorkais à bord d’un téléphérique et sur le pont se mettent à jeter des objets sur le méchant pour défendre l’homme-araignée. Un col bleu hurle alors : « Tu t’en prends à Spider-Man, tu t’en prends à New York ! » suivi d’un autre qui lance : « Si tu t’en prends à l’un de nous, tu t’en prends à nous tous ! ». Cette scène d’unité, de solidarité et de bravoure des citoyens ordinaires face à la terreur a été spécifiquement amplifiée lors de scènes retournées après les attentats. C’était un message direct envoyé au monde : les New-Yorkais restent debout et unis.
La toute fin du film Spider-Man de 2002 a également subi l’influence directe du climat de l’époque. Dans les dernières secondes du long-métrage, après avoir accepté son destin et ses responsabilités, Peter Parker s’élance à travers les gratte-ciel de Manhattan dans une séquence de voltige devenue culte. Le plan final de cette scène ne doit rien au hasard : Spider-Man atterrit sur un mât d’où flotte un immense drapeau américain, battant fièrement au vent. Cette image très patriotique n’était pas prévue dans les premiers jets du script. Elle a été ajoutée délibérément pour offrir au public américain, encore en plein deuil national au printemps 2002, un sentiment de réconfort et de fierté.
Même des années plus tard, ce traumatisme fondateur a continué d’irriguer l’univers du Tisseur. Dans Spider-Man 2 (2004), la fameuse scène du train aérien où les passagers portent le corps épuisé de Peter Parker et jurent de protéger son identité secrète est une continuation directe de cette thématique : Spider-Man protège New York, et les New-Yorkais protègent Spider-Man. Vingt-cinq ans après les attentats, si Spider-Man reste le héros préféré de la Grosse Pomme, c’est aussi parce que son histoire sur grand écran est intimement liée au moment où la ville a eu le plus besoin de croire aux héros.
Écrit par: Valentin LUTHRINGER
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